dimanche 6 avril 2008

Diminution

Dimanche 6 Avril

Changement
Que dire et oui que dire de la tumeur ? Et bien elle diminue ! Que je suis bien entouré et qu’il faut effectivement être dans une grande volonté pour élimer ce crabe.
L’équipe de Roussy, à Villejuif, est assez extraordinaire puisque jeudi soir à 20h30, ils me téléphonaient pour les aménagements du traitement et surtout du changement de programme.
Depuis des semaines, je ne sentais pas la radiothérapie que je devais commencer le 8 avril. Jeudi l’équipe du comité de Roussy convenait qu’il fallait continuer la chimio pour diminuer au maximum cette tumeur et ne pas faire de radiothérapie au moins pour le moment. La réponse de la chimio était positive.

Carnet 2005

Depuis trois semaines j’avais un pressentiment négatif sur cette radiothérapie. C’était en moi comme un murmure continue. Sentir les choses sans pouvoir toujours les définir, c’est comme être devant cette toile blanche, cette feuille blanche et pourtant on sent en nous que c’est vital de peindre, d’écrire mais on ne sait pas quoi ?

C’est là que je deviens compliqué, (comme si je ne l’étais pas auparavant !) car la page blanche devient questions. Elles surgissent. Je suis devant des choix. Je n’ai aucune expérience, donc je ne sais pas apporter des réponses. Seraient-elles plus appropriées si j’avais la connaissance ? Je ne vais pas rentrer dans les problèmes de Platon mais toutefois cela serait bien, au moins, juste de ressentir une réponse. Mais bon je me laisse guider et j’écoute ce que l’on me dit tout en suivant ce que me dit mon corps.
Ce choix du comité de Roussy, est il une hésitation, c'est-à-dire, ya t’il une incertitude? Et si la tumeur ne diminue pas ? Je n’arrête pas de me poser ces questions qui sont pour moi essentielles pour garder la maîtrise de mon bateau. Je veux rester mon capitaine. Je veux chevaucher ce crabe, reproduit dans mon blog. En fait, je pensais être un peu casse couille, mais plus je rentre dans le dial avec les professionnels de Roussy et plus je croise leur intérêt : celui de leur problématique, celle de la recherche. Le tout, c’est d’arriver à rester à leur niveau pour ne pas être, rien qu’un emmerdeur.

Pièce faite en Inde à Udaïpur en décembre 2007

Tout est confirmé le vendredi pour cette bonne nouvelle : continuer rien qu’en chimio pour peut être éradiqué complètement cette tumeur. Donc une grande chimio le 17 avril et une autre le 5 mai suivit à chaque fois d’une petite et il sera fait un scanner afin de suivre cette évolution.
J’ai donc eu raison d’insister pour faire ce scanner intermédiaire qui a permis au comité de Roussy de poser des bonnes questions et d’avoir l’intelligence de trouver la bonne méthode me concernant. Moi, je suis heureux, car les chimio, je sais mieux m’y prendre pour en éviter leurs effets pervers. Le bonheur : on me laisse deux semaines sans traitement, permettant à mon organisme de trouver toutes les ressources pour bien fabriquer des globules blancs et rouges, car je suis un peu à la limite et c’est tout à fait normal.

Pièce faite en Inde à Udaïpur en décembre 2007

Il faut donc y croire et rester maître de son corps et toujours poser des questions, ce n’est pas évident car on se laisse un peu guider sans obligatoirement réagir.

Carnet 2005

Mails des amis à l'annonce de cette nouvelle

Didier

Cela fait du bien de t’entendre, oui t’entendre. Ton écriture parle et les mots sont justes, ils sont à l'écoute et ils voient. Ils sont réactifs et conquérants comme le capitaine que tu es. Et cela fait du bien et fait du bien à tous, tu es entouré, une belle équipe qui te suit de partout.
Merci à toi Capitaine, je t'imagine comme Carpaccio artiste de Venise qui du bout de son pinceau fait l'une des plus belles peintures de Venise " Saint Georges terrassant le dragon " (crabe).

Amitié.Carmelo
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Génial, Didier!

Non seulement tu reste maître de la manœuvre de ton rafiot, mais tu as réussi à infiltrer le QG de l'Amirauté!
Le satané crabe n'a qu'à bien se tenir!
Toujours se poser des questions, oui, mais n'en oublie pas aussi de jouir un peu de l'instant présent et de ceux qui t'aime
Accorde-toi quelques instants où tu poseras tromblons, mousquets, goupilles et autres grenades destinées au crabe pour t'accorder un peu de repos, car ton corps et surtout ton esprit en ont aussi besoin, pour que la thérapie agisse en profondeur
Amitié Philippe
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Didier , bonjour,

Je viens d'apprendre avec tristesse, ta maladie aussi je puis t'assurer que je suis partage entre un sentiment d'admiration et de révolte.
Oui, de révolte, car tu ne mérites pas d'être "attaqué" dans ta chair, non pas toi!!!... mais aussi cet immense courage et cette force avec lesquels tu combats la maladie qui forcent l'admiration et le respect.
Tiens bon et courage, suis de tout cœur avec toi et les tiens.
Amitiés Jacques.


Pièces : nus

Une longue série de peinture a surgit en 2004, d’un de mes carnets. Passionné de peinture grec et romaine, j’ai toujours été époustouflé par les dessins des scènes des vases. C’est tout naturellement en les dessinant, lors de mes visites dans les musées, que la technique d’un grand coup de pinceau suivant le dessin du corps et de ses attitudes, c’est mis en place.


Je sentais monter en moi de nouvelles sensations, des émotions incroyables. Une nouvelle liberté, comme une vision abstraite ne donnant plus aucune importance au trait, comme si ce dernier n’excisait pas. C’est vrai, qu’il n’y a pas de trait dans notre univers.
Dessinant au fond d'un jardin à Udaïpur. hum! Que c'était bon!
Deux années de cheminement et juste montrer un travail qui c’est poursuivit dans un voyage en Inde où j’ai travaillé avec des dessinateurs indiens.
Rester accroupis tout le temps impossible pour moi !

Cet échange était surréaliste, car eux, mes amis Indiens, sont confrontés chaque jour dans une réalité éternelle de même dessins, de même couleurs de même format et moi je débarque avec mes personnages, mes hommes à moitié nus.
Dessinateurs dans une école de peinture à Udaïpur

C’est mon gros carnet de croquis qui les a subjugués et ils ont enfin acceptés de collaborer avec moi. Mon seul problème : être accroupis tout le temps avec eux, là je n’arrivais pas.

Peinture au fond d'un jardin a Udaïpur(Inde). Que cela sentait bon les fleurs et les épices car je n'étais pas loin d'une cuisine.
Derrière ces personnages, toujours nus, il y avait le doute de mon corps. Pourquoi cet acharnement à le dessiner ? Je ne le voyais pas mais il était présent au travers de ces dessins. Comment peut'on être si stupide pour ne rien voir ?

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