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TABLE DES MATIÈRES :
Vendredi 18 janvier (Le verdict)
Samedi 19 janvier (La méthode Feldenkrais)
Dimanche 20 janvier (Tiffany)
Lundi 21 janvier (L'annonce à Vitrail France)
Mardi 22 janvier (La solution médicale)
Mercredi 23 janvier (L'électrocardiogramme)
Jeudi 24 janvier (L'hypnose)
Mardi 29 janvier (Médecin agréé)
Mercredi 30 janvier (Reiki, etc.)
Vendredi 1er février (Le contre-diagnostic)
Samedi 2 février (Somatic)
Dimanche 3 février (Bilan des jours passés)
Vendredi 6 février (TEP)
Vendredi 7 février (Comité à Gustave Roussy)
Vendredi 8 février (Mon hospitalisation)
Du 11 au 15 février (Semaine de souffrance)
Troisième Chimio du 22 février
Anniversaire 23 février 1953
Cadeau
Énergie

Vendredi 18 janvier
13h15. Une porte s’ouvre.
Une voix dit : M. Alliou
Et s’avance le médecin, ouvrant en grand cette porte. Se lever, et être encore dans l’imaginaire de l’espoir, celui qui dit "c'est sérieux, mais pas grave"...
Là on passe dans un long couloir et il nous dit : porte de droite au fond.
S’asseoir sans retirer son manteau comme si j’étais pressé de partir en cas de nouvelles bonnes ou mauvaises, on ne sait pas, mais n’importe quelles nouvelles et je me tire !
Oui, ce docteur s’asseoit et se met à couvrir de sa fine écriture, une toute petite fiche, mais qu’écrit-il ? Je pressens que le moment devient solennel, comme une vérité qui doit venir.
Il me regarde et me dit : vous avez une tumeur sérieuse. Et il part dans des explications et revient plusieurs fois sur le mot tumeur, le composant sous toutes ses formes sans apporter de précisions et d’un seul coup tout me devient évident et je dis : vous me parlez de tumeur donc c’est un cancer !
Il me regarde droit dans les yeux et me dit : oui, on peut l’appeler comme cela.
Il se rattrape en disant qu’il attend les résultats des cultures. Dès lundi le staff des ses collègues doit se réunir pour désider des traitements.
Béatrice ma douce femme, pleure doucement comme hébétée, comme si le mot cancer devenait une image folle, impossible.
Je voudrais la prendre dans mes bras et lui dire que je vais être fort pour elle, rien que pour elle. Mais j’ai peur de parler, de dire un mot qui puisse me faire pleurer, me faire craquer.
Je me suis mis à penser à ce médecin qui au demeurant ne peut rien mais qui doit annoncer tumeur cancer puis rentrer chez lui vivre avec ces mots puis faire à manger, lire un bon livre, regarder la télé et faire l’amour à sa femme.
C’est vrai que nous sommes tant de monde sur cette terre et que tout n'est qu'individualisme. C’est normal qu’il puisse continuer sa vie comme chaque jour, moi j’étais comme lui avant !Dur d'admettre ces mots : cancer, tumeur.
Il me dit, ce spécialiste, que ce cancer n’est pas un cancer de fumeur, il y a si longtemps que j’ai arrêté, mais cela peut toutefois être un cancer de fumeur. Puis, connaissant mon métier d’art, il me dit que cela peut être aussi du à une maladie professionnelle à cause des produits que j'ai utilisé. Mais il ne peut pas le dire maintenant et il conclut : c’est un cancer "pas de chance" !
Il m'annonce que je ne suis pas opérable en l’état de la maladie. Il me faut attendre lundi 21 janvier pour avoir les résultats des prélèvements qu’il a fait dans mes poumons la semaine précédente.
Rentrer et envie de le dire à ma famille et à mes proches pour que tout soit dit.
Saint Germains l'Auxerrois Paris, baie 122, détails d'un ange (restauration 2007)Faire mal sans doute mais on ne voit pas comment les choses peuvent être dites si on ne prononce pas ce mot cancer.
J’ai donc avec le cœur lourd, au bord de craquer dit tout à mes frères et sœurs - nous sommes une famille de six enfants, répartie dans toute le France et au Canada. Comment le dire à ma maman, qui se trouve en ce moment au Canada. Prendre le temps pour moi de comprendre pour mieux le dire.
Cette première phase est le choc. Aucune préparation de ces mots et aucune idée des conséquences. Je me voyais avec la mort et un désespoir qui m’envahissait, sans pouvoir le partager.
Je suis resté tout le week end avec cette incertitude, sans m’apporter de solution avec pour seul déclic d’appeler le docteur Jean-Marc Benhaiem (*) qui m’avait fait arrêter de fumer et qui au mois d’avril m’avait reçu pour m’empêcher de grossir. Et c’est vrai, j’ai perdu 14 kg en 9 mois sans aucune souffrance. Je ne voyais pas vers qui d'autre me tourner.
(*) Site du docteur Benhaiem : http://www.hypnosis.fr/
Passer autant de moments face à ce mot, c’est comme se détruire un peu plus et je n’avais aucune envie de le faire ainsi. Ma petite sœur avec mon beau frère se sont mis à chercher sur le net tout ce qui était possible de trouver. Ce cheminement sur le net a été bon, car il me permettait de répondre à mes premières questions. Je voyais défiler les pages sans parfois en comprendre tout le sens. J’ai donc demandé à Jonathan de sélectionner. Ce travail m’a permis petit à petit de me familiariser avec les mots, les images, les conseils. C’est le premier processus de cette recherche que l’on doit faire pour trouver nos réponses.(Peinture : "Les ficelles de la vie")
Voici l’un de nos premiers échanges :
Didier,
La première chose qu'il faut que tu saches est que des traitements sont disponibles et ils marchent.
Comme toujours il faut procéder par étapes:
1- Connaitre le type de cancer du poumon (petites cellules ou à non petites cellules)
2- Les traitements sont multiples:
http://www.cancer.ca/ccs/internet/standard/0,3182,3172_10175_797925554_langId-fr,00.html
3- Les nouveaux traitements à base de cellules souches (stem cells) sont très prometteurs http://media.www.vermontcynic.com/media/storage/paper308/news/2003/09/23/News/Lung-Cancer.Breakthrough.Via.Stem.Cell.Research-472002.shtml
4- MDA (M. D. Anderson Cancer Center - University of Texas) Cet institut est à la pointe:
http://www.mdanderson.org/departments/bmt/
Je viens de passer pas mal de temps au téléphone avec leur branche principale aux USA et ensuite leur branche d'information au Canada.
Ils sont à la pointe car ils :
- organisent les meilleurs colloques
- ont plus de 1200 essais cliniques en ce moment même
- reçoivent le plus d'aide par NCI (la société de cancer américaine)
- ont une approche pluridisciplinaire (les cas sont diagnostiqués par un groupe de spécialistes)
- ont la meilleure technologie disponible du moment
Didier, ton docteur va te donner un "plan de traitement" et eux ici ont un service pour évaluer ce plan de traitement et te dire s'il est différent de ceux qu’eux te proposeraient. Un des problèmes avec cela est que ce plan qui va t'être donné est base sur la qualité du diagnostic.
Pour pallier cela, ils ont un service qui lui peut directement analyser la pathologie et donner leur diagnostic.
Le 3e niveau de service est celui de devenir leur patient. Ils travaillent en collaboration avec l'hôpital Gustave Roussy à Paris et ce serait un atout d'aller à cet hôpital si tu restes en France :
http://www.igr.fr/
Le dernier et plus haut niveau de service est de devenir leur patient directement. Ils ont plusieurs techniques pour lutter contre le cancer du poumon inopérable, y compris la thérapie double (Proton + Chimio).
La thérapie au proton est préférable aux radiations pour plusieurs raisons:
- elle est bien adaptée au tumeurs de type solides inopérables
- elle donne de bien meilleurs résultats car elle est plus agressive contre la tumeur
- elle est moins invasive car beaucoup plus précise, du coup elle détruit moins de "bonnes" cellules
http://cerncourier.com/cws/article/cern/29639
Aucun hôpital au Canada n'a la thérapie au proton (aussi appelle Prototherapie ou encore Hadrontherapie), il y en a quelque-uns en Europe et 3 aux USA. MDA est l'un des 3 hôpitaux à l'avoir.
En France il y en a deux opérationnels:
1) Institut Curie a Orsay
http://protontherapie.curie.info/
2) Centre Antoine Lassagne a Nice
http://213.30.181.69/cal/index.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hadrontherapie#Centres_d.27hadronth.C3.A9rapie_par_ions_carbone_dans_le_monde
Voila mon Didou, ça fait beaucoup d'info et on est tous avec toi. Le point le plus important est que les traitements sont disponibles et que la thérapie au proton est celle qui donne les meilleurs résultats.
Tiens-nous au courant du diagnostic et du type de cellule (petites ou non-petites)
Je t'embrasse.
Je t'embrasse.
C’est vrai que l’on part dans l’actualité du net et c’est souvent notre première approche. On se conforte ainsi par des mots. Ce temps est impossible et sans permettre de passer outre à ses visions de la mort.
Pierre tombale : la tombe du plongeur, 480-470 av.J-C, Paestum, Italie. Une peinture unique qui se passe de tout commentaire tant est forte l'allégorie.
Aucune haine, simplement une culpabilité de n’avoir pas fait. C’est là que les souvenirs prennent le pas sur tout. Pourquoi je n’ai pas fait ceci ou cela, pourquoi je ne me suis pas écouté, pourquoi le médecin qui m’a vu deux fois en trois mois, n’a rien décelé. Pourquoi mes analyses de sang qui étaient excellentes en septembre n’ont pas permis de voir mon cancer. Cette série de pourquoi est comme une plainte lancinante qui fait mal et accentue la sensation de brûlure le long de mon tube respiratoire.
Un email du week-end :
Mon Didier,
Voilà une nouvelle journée, et j'espère que vous avez tous réussi à dormir car maintenant la bataille commence. Je te sais combattant et je sais que tu n'es pas du genre à te laisser aller. Donc maintenant il faut que tu t'occupes de TOI, comme tu ne l'as jamais fait. Le stress, tu le laisses pour les autres, toi, tu dois garder ton énergie pour te battre contre ces méchantes cellules.
Jonathan m'a expliqué tous ses coups de fils et ses recherches sur le net, il y a des solutions et des bonnes, car évidement on ne prend que les meilleures. Donc ton rôle maintenant c'est de te documenter le plus possible, et poser des questions encore et encore à tous ces docteurs que tu vas voir. Tu auras toujours le choix. Plus tu en sauras et mieux tu pourras faire ton choix. Nous on va t'aider en sélectionnant aussi des articles et c'est pourquoi on aura besoin de ton aide car plus tu nous donneras des détails sur le diagnostic et plus on pourra faire des recherches poussées.
Je sais que c'est sûrement une des choses les plus difficiles à faire que de l'annoncer a Maman. Si tu veux que je le fasse, tu n'as qu’à me le dire. Elle est forte et elle est en plus un bel exemple d'un cancer survivor ! Il vaut vraiment mieux qu'elle l'apprenne en étant avec nous. On va la rassurer car on est rassuré que tu vas te battre et qu'il y a des méthodes pour te guérir. Encore cet après-midi elle me parlait de toi en disant que tu travaillais beaucoup et qu'il faudrait que tu ralentisses. Elle est vraiment en pleine forme, elle a une très bonne mine, donc ne t'inquiète pas pour notre Maman.
Je crois que Jonathan va t'envoyer un email aussi sur l'alimentation qui va t'aider... beaucoup de fruits et de légumes. Surtout ne prends pas de vitamines car de récentes recherches ont montré que ce sont les cellules cancéreuses qui en profitent les premières et les font donc se développer plus vite. On sait que tu as déjà une très bonne alimentation donc pas de problème.
N'hésites surtout pas à nous appeler, jour et nuit pour parler de tout ou de rien, on est là, pour vous tous.
Et n'oublie pas ce que notre grand-mère disait : Les douleurs sont des folles et ceux qui les écoutent sont encore plus fous.... ;-)
On t'aime fort.
L'anniversaire de mon fils Ambroise a été un très bon recours à l’oubli. Être en famille avec ma fille et passer ce moment avec eux en me disant en mon fort intérieur : il y aura plein d'autres anniversaires !
Peinture : Clémence, Ambroise et Grand MamSamedi 19 janvier
J’ai depuis plus d’un an entrepris de pratiquer la méthode feldenkrais qui est une gym douce pour comprendre son corps et je dois dire qu’elle m’a beaucoup apporté moi qui faisait au moins 80 000 km par an. J’ai annoncé au professeur ce cancer et il a axé son cours sur la respiration pour moi. Après le cours il m'a demandé de venir à un nouveau cours, le Gestalt, qui est de créer un espace de prise de conscience de soi et de l’autre par l'écoute.
J’ai commencé à parler de mon cancer à toutes ces personnes et c’est là que je me suis rendu compte qu’il fallait le dire mais aussi savoir le dire, c'est-à-dire savoir laisser celui qui reçoit ces mots le temps de respirer.
J’ai à mon tour écouté leurs problèmes et au bout de deux heures je leur ai dit que mon cancer n'était rien par rapport à ce qu’ils vivaient.
J’ai aussi eu le sentiment qu’il me fallait marcher même si la pratiquait en faisant du golf, il me fallait plus encore retrouver un accord et un nouveau souffle.
J’ai pris pourtant un demi-somnifère mais impossible de dormir. Une immense chaleur, et je savais que Tiffany était en travail sur moi comme cela avait été décidé par elle. Pas dormir, mais sans cauchemar. Pas dormir, mais sans angoisses. Pas dormir, et se sentir bien et cela toute la nuit. Je n’avais jamais vécu une telle expérience mais sans en donner des mots à ce qui s’est passé.
Lundi 21 janvier
C’est la journée où je me trouve suspendu à ce coup de fil téléphonique qui doit arriver vers 13/14 heures.La journée commence par un moment de vérité : dire à l’ensemble des 23 personnes qui travaillent dans mon entreprise que j’ai un cancer. Ils sont là comme tous les lundi matin pour la présentation du planning de la semaine mais aussi pour parler des travaux qui ont été réalisés durant la semaine passée. Tout le monde est là à l’heure. Je commence à leur parler de mon cancer, que je vais être fort si eux m’aident aussi en faisant que tout se passe bien dans les travaux en cours. Je leur dit que je me battrai pour que notre métier d’art soit mieux respecté, pour que soient mis en place tous les principes de précaution.
(Cathédrale de Chartres, baie axiale haut choeur, "la Visitation", restauration 2006)
C’est terrible de leur dire cela : cancer, cancer et de leur demander d’être au meilleur d’eux-même alors que je sais que les questions sont multiples en eux : que va-t-on devenir s’il n’est plus là, etc… Je suis parti dans mon bureau avec une envie de craquer mais non je dois être fort.
Attendre toute la journée et pas un coup de fil. Je craque vers 17 h en appelant mon médecin et un ami médecin qui sera, une bien forte épaule dans tout mon parcours. Il a été le premier a téléphoner à Roussy pour que je puisse avoir un rendez vous le 1 février à 15 h. En moi grandissait que je ne ferai rien aucun traitement sans avoir été les voir.
Un des messages de ce jour :
Tu es très courageux et j'imagine que c'est encore un poids de moins que de l'avoir annoncé à l'atelier. Tu as raison aussi de prendre des séances de kiné. Tout ce qui peut te faire du bien. Dans ma salle de sport il y a une machine qui simule la marche alpine, c'est peut-être une option pour toi si il y a ça aussi au Mans.
J'ai contacté Tiffany Snow (la dame dont je t'ai parlé hier) elle devrait me répondre aujourd'hui ou demain. Elle habite en Californie et lors du grand incendie qu'il y a eu récemment, sa maison a fait la une des journaux car elle a été protégée du feu alors que tout a brûlé à côté. J'ai lu son livre il y a déjà plusieurs années et je ne sais pas pourquoi mais j'ai confiance en elle, Jonathan aussi. Je te donnerai plus d'info. Tu n'auras pas grand chose à faire que de croire à 300% que tu vas guérir.
Contacte cette personne aussi dont on t'a parlé, moi je crois qu'il faut toujours mettre toutes les cartes de notre coté et après on verra ce qui marche le plus. Mais si certains ont des pouvoirs, alors c'est idiot de ne pas s'en servir. On a que trop d'histoire de guérison comme ca, il faut juste y croire. Tu n'as pas besoin d'en parler à ceux dont tu penses qui n'y croient pas car il faut que tu ne t'entoures que d'énergie positive, que du positif au maximum.
Une amie ici fait partie d'une chaîne de prières.
Et hier elle m'a contacté pour tout autre chose et du coup je lui ai parlé de toi et elle t'a inscrit dans sa liste... Ils vont être des centaines a prier pour toi... on va faire exploser le compteur la haut ;-) pas grave hein ?
Encore, encore, encore... Tout ce que tu peux avoir maintenant pour traverser tout ça de la façon la plus douce, on le fera.
Pour Maman c'est toi qui décide évidemment, là on est toutes les deux, les enfants ont repris l'école et elle met ma petite mine sur le compte de la préparation de la fête d'Hugo. Je crois qu'il ne faut pas trop attendre pour qu'elle ait le temps de se remettre du premier choc de la nouvelle et qu'on la regonfle bien avant qu'elle ne rentre en France. Je ne pense pas que ce soit un hasard qu'elle doit apprendre cette nouvelle avec nous. Elle est forte elle va encore nous étonner tu vas voir. Et n'oublie pas qu'on a aussi besoin de ses prières et de sa connexion spéciale qu'elle a avec Papa pour lui demander de t'aider ;-) Essaye de faire des siestes, de te ressourcer pour te battre plus fort à chaque fois.
Je t'aime
Se sont de tels messages qui permettent de passer les différents caps de cette journée et de réfléchir comment le dire à ma mère qui est à 8000 kms.
Je parle avec Béatrice et les mots commencent à venir en moi doucement car je suis en plus de l’attente dans le désir de le dire : ma petite maman, il va falloir que tu m’aides. Toi qui a vécu une chimiothérapie, je vais avoir besoin de tes conseils. Voilà, on m’a trouvé une tumeur cancérigène au poumon…..et je ne sais plus comment les mots sont venus mais je sentais ma maman forte et prête à m’aider. C’est un sentiment que j’éprouve et qui me tient chaud. Tous mes proches et tous mes amis qui m’enserrent pour me protéger. C’est très fort.Je crois qu’en lisant les quelques lignes de Fabienne on comprend mieux ce qu’a ressenti ma mère :
C'est bien, il faut craquer, et tu l'as très bien annoncé, je lui avais pourtant préparé une chaise mais non elle est restée forte et elle sait que son Didier est de la ligne de Pépère Alliou, un roc qui ne se laissera pas faire. Comme Papa avait dit a Catherine : "Ta mère a réussi à faire peur au cancer et il était fier d'elle" Tu vas faire la même chose car tu as beaucoup pris de Maman en ténacité, tu vas voir... ça va aller je le sens…
Tu vas être soulagé de ce poids.. Béa est un vrai Ange.
Des bisous pour vous encore.
Puis dans la soirée au Canada :
Voila Didier, Maman a craqué et tu dois l'imaginer car c'est bien notre Maman : même pas 5mm après, elle me tape sur le genou et me dit : "Bon allez, on réagit, car ça va aller, Didier est un battant, il est bien entouré et il va y croire à sa guérison. On va l'aider".
Et voilà, elle est repartie faire ses activités... je la surveille et on va beaucoup parler ne vous inquiétez pas. Elle a déjà pleins de conseils pour toi ;-) On vous embrasse fort.
Et personne ne peut répondre au pourquoi je n’ai pas eu la réponse le lundi. La nuit est terrible et ce n’est qu’au somnifère que j’arrive à dormir.
Mardi 22 janvier
Se lever en sentant que tout est possible est certainement le meilleur des meilleurs.
Cela n'était pas facile de dire hier à ma petite maman que j'avais un cancer.
On se demande toujours où l'on puise cette énergie. Je pense qu'elle vient avant tout du cœur et de l'amour que l'on a pour ses proches.
Cela semble une source inépuisable. Le seul problème pour moi est aussi de ne pas craquer devant Béatrice. Lui faire partager toute l'intimité de ce qui se passe en moi, mais aussi veiller à ce qu'elle soit forte et bien entourée de tout mon amour.
Pour elle ce sont de telles questions qui se posent, qui surgissent, et surtout ce sentiment que rien n'est possible sans moi que je ne dois pas la laisser et c'est ce que je vais faire de toute mon énergie.
Le matin, mon kiné qui fait bien plus que me soigner est à l’écoute. Et durant la séance ce n'est plus le corps qu’il soigne, c’est l’esprit.
Le matin les deux médecins me disent que la réunion des spécialistes aura lieu dans la matinée et que j’aurai un coup de fil à 14 heures.
Impossible de faire quoi que ce soit si ce n’est de téléphoner au docteur Jean Marc Benhaiem pour avoir un rendez vous. La secrétaire me dit que le docteur va me téléphoner pour convenir du rendez-vous. Il tient parole et m’appelle de son portable pour convenir du jeudi matin à la première heure.
Parallèlement le frère de Béatrice parvient à avoir un rendez vous à la clinique... pour le mercredi soir.
Attendre 14h, c’est interminable. Pas possible de manger ni de faire quoi que se soit, seule une émission sur Arté consacrée à l’art me permet de patienter.
14H. J’appelle, il répond et commence à dire que le comité préconise de commencer une chimio le plus vite possible.
Le choix de l’endroit : clinique privée ou hôpital. Mais comment faire ce choix si on n’a pas de repère pour comprendre ce qui peut être le mieux. Je lui demande : s’il avait ce que j’ai, où irait-il ? Il me répond : à l’hôpital.
En si peu de temps je ne suis pas préparé, je ne pose pas les bonnes questions. Par exemple : qui était à cette réunion de spécialistes ? En quoi consistent les produits de la chimio, leurs noms ? Je ne sais rien et on m'explique rien. Pourquoi ne me fait on pas de TEP? Examen médical qui me semble important. On me répond que cela n’est pas nécessaire.
J'ai un scanner mais je décide de passer outre et de faire les autres examens par l’intermédiaire de mon médecin traitant : IRM et Scintigraphie. Pour le TEP on me dit que c'est impossible.Peinture : "me cacher !"
Je ne savais pas si cela était impossible mais en moi commence un processus de gagne et dans une forme intuitive de prendre mes décisions.
Tout semble s’enchaîner dans mes rendez vous et il me faut beaucoup de persuasion pour imposer mes décisions. Déjà les mots : "j’ai un cancer "me permettent de convaincre.
C’est aussi un grand moment car Ambroise obtient son permis. Il arrive rayonnant et je suis fier de lui.
L’activité internet continue et Jonathan trouve ceci :
Je crois que ta petite sœur vient de trouver une clef qui va être très importante dans ta guérison.
Je suis en train d'éplucher leur site internet au moindre détail il ya dans cette approche complementaire et non pas alternative un potentiel impressionnant.
Voici les détails (mais ne lis que si tu es curieux de savoir ce qu'il y a dans le moteur)
http://www.beljanski.com/france/beljanski/122%20nouvelle%20app.pdf
Le plus important est la destination du véhicule : la guérison.
En gros, il y a trois entités dans l'approche Beljanski et elle travaille en collaboration :
- La Fondation
- Les Médecins
- La Société
La fondation promeut l'approche et publie les méthodes. Les médecins appliquent les méthodes. La société fabrique les produits préconisés et les commercialise.
Je viens de contacter la société dont les bureaux se trouvent à New-York. Tu vas recevoir directement à la maison une brochure dans les prochains jours.
Les médecins sont rares dans la région du Mans, mais il y en a plusieurs a Paris.
Les témoignages:
http://www.beljanski.com/france/testimonials.html
Et ce matin, en faisant les recherches sur les huiles essentielles, je suis tombée sur un forum avec des commentaires de centaines de personnes parlant de différentes méthodes qui les avaient ou guéries ou soulagées. Mes yeux se sont juste arrête sur cette femme qui disait qu'elle ne comprenait pas pourquoi la méthode Beljanski n'était pas encore disponible et remboursée alors qu'elle a sauve tant de gens. Elle est elle même infirmière dans un grand hôpital parisien.
J'ai donc fait une recherche sur cette fameuse méthode et je suis tombée sur le site que je t'ai envoyé. J'ai envoyé aussi a Jonathan et tout de suite il m'a répondu : ne l'envoie pas a Didier, il faut d'abord qu'on fasse plus de recherches pour voir si c'est sérieux. Je lui ai répondu: trop tard c'est déjà chez Didier car j'ai senti qu'il fallait que je lui donne tout de suite cette info. Ensuite on a passé des coups de fils, on a fait notre train-train quotidien et on est allé chercher les enfants.. et tout d'un coup je me demande pourquoi je me sens comme "allégée" comme si j'avais un poids en moins sur mes épaules... et je crois que c'est parce que j'ai trouve cette méthode et que je sens que c'est ça qui va te faire du bien et peut être la différence. Je me sens très positive comme si c'était bon, qu'on m'avait annoncé que tu n'avais plus de cellules cancéreuses. C'est bizarre mais c'est un sentiment fort en moi et j'y crois...
Voilà, je voulais que tu saches un peu l'historique et qu'ainsi tu regardes aussi ça d'un autre œil. On est évidemment toujours à la recherche d'autres méthodes qui peuvent t'aider et te soulager, à supporter la chimio.
Repose-toi, Maman est de tout cœur avec toi et Béa. Maman a lu aussi un peu la méthode et sent que ça serait bien que tu essayes aussi ça puisque ce n'est nullement en contradiction avec la médecine traditionnelle. Réfléchissez avec Bea et écoutez votre cœur.
Mercredi 23 janvier

De voir ces œuvres, de voir leur magnificence, toute leur beauté, crée en moi un étrange sentiment. Quelle chance j’ai eu à partager ces œuvres, de parcourir avec elles les siècles mais avec plus de passion les hommes qui les ont réalisées et ceux qui les ont restaurées. D’exercer un métier de passion est une chance incroyable. Cette passion a été aussi celle qui m’a peut-être empêché de m’écouter mais je ne lui en veux pas.
À 12h15 je devais être au Mans pour un électrocardiogramme fait par un ami. Quel disponibilité ils ont, entourés de gentillesse et de professionnalisme. Un bon cœur est le meilleur des remèdes pour affronter l’avenir, et il est bon ce cœur !
17h. Paris, pour une contre expertise. C’est toujours une angoisse, Paris, que je connais depuis longtemps. Quel embouteillage va surgir ? quelle manifestation va arriver ? Il faut croire à sa bonne étoile en trouvant place pour se garer et arriver comme toujours avant l’heure.
Il en ressort que je dois voir un chirurgien du thorax. Cette interrogation, au Mans, du pourquoi je ne peux pas en voir un sera en moi tout le temps.
Jeudi 24 janvier
Voir enfin le docteur Jean-Marc Benhaiem est pour moi la première étape d’un processus de connaissance.
Je crois beaucoup en cette méthode, qui m’a permis par deux fois de réussir ce que je voulais entreprendre : ne plus fumer et cela sans souffrance (fait le 4 janvier 1997 à 11h du matin) et maigrir (fait en avril 2007) et perdre 14 kilo sans souffrir c’est formidable.
Il en ressort de cette séance deux choses :
- Être le maître de moi-même, de mes intuitions, ne pas laisser le monde médical me régenter sans poser des questions et en sachant dire non, si intuitivement, je n’ai pas la bonne réponse. Être le commandant de mon bateau c'est-à-dire de mon corps, ne pas me laisser guider que par la météo mais suivre mon vent, c'est-à-dire mes sens. Ne pas me laisser faire et bien aussi comprendre qu’ils sont là ces médecins pour m’aider.
- La deuxième est de retrouver mon instinct de vie, celui qui est au fond de chacun de nous et que nous n’écoutons pas souvent.
En sortant je crois que cela se voyait, qu’il y avait quelque-chose en moi de changé. Plus rien ne pouvait être comme avant.

Création verre fusing et thermoformage
Tout irradie en moi mais je sais que Jean-Marc Benhaiem m’a donné les clefs : il me faut maintenant ouvrir les serrures.
Les quelques jours passent en questionnements, sans pouvoir approcher le premier spécialiste. Alors je passe par mon médecin et c’est avec harcèlement que j’obtiens peu de choses. Je sens en moi qu’il me faut attendre la rendez-vous de vendredi 1er février et que je dois pendant ce temps aller vers des formes de médecines parallèles.
Un ami au USA me donne une très bonne indication que des machines nouvelles sont installées dans trois CHU en France pour traiter par radiothérapie au millimètre près.
Tout le réseau se met en route des USA, Canada en passant par l’Afrique où j’ai beaucoup travaillé puis en continuant en Inde, au Japon etc. C’est tout une chaîne universelle qui m’entoure.
Je viens de réaliser que c’est ce que j’ai semé dans ma vie qui ressurgie. L’honnêteté est primordiale. L’amour des autres l’est autant, et j’aime les personnes.
Mardi 29 janvier
14h. Rendez-vous avec un médecin agréé après avoir eu confirmation de New York de son agrément. Il me donne comment je dois prendre les produits au nombre de trois pour le moment pendant la chimio, avec une feuille pour contre-indication si je prends par exemple de la cortisone.
Il me conseille de faire une séance de Somatic, et il n'y a en France qu’une seule personne agréée.
Aussi, arrivé au Mans, je commence de suite les produits. Ils sont arrivés le jeudi : merci à eux pour cette rapidité.
Mercredi 30 janvier
Point de mon cheminement à 5 heures du matin : je suis très positif.
Je lis le livre de David Servan Schreiber qui dit exactement ce que je fais : aller à la pointe des recherches mais trouver toutes les formes de guérisons par la nourriture, les plantes et les énergies qui sont en nous, qui sont notre instinct de survie.
Depuis l’annonce, il est vrai que la première personne a été l’hypnose.
Et qui en fait ma dit l’essentiel : ne pas se laisser mener par le corps médical, que c’était moi le capitaine, et que mes intuitions devaient ne pas être mises de coté. Faire de la médecine puisque son évolution étaient importante, mais toujours en posant des questions, c'est-à-dire toujours être dans la question : c’est ainsi qu’on interpelle les autres. Retrouver mon instinct de survie qui est en moi en retirant toute la part intellectuelle de mon esprit et en laissant s’épanouir la force de mon corps.
Faire une place importante au paramédical qui comme la nourriture est une entreprise qui se mène en continu, alors que les médicaments ou la chimio ne peuvent être que ponctuelles.
Ce que j’ai fait :
Hypnose, qui m’a ouvert sur tout ce qui pouvait se faire et surtout a été le premier à me parler de mon instinct de survie. Grâce à la recherche sur le net on m’amène la méthode Beljanski, l’une des plus importantes en l’état des recherches dans le monde.
Mais la recherche était aussi de trouver pour mon corps cet instinct de survie.
Tiffany en est la première, elle s’adresse d’une façon merveilleuse à mon esprit en lui demandant de soigner mon corps. Tout était destiné à ce corps, et il a été à l’écoute. On peut aussi associer les prières qui ont toutes un but : ma guérison, et, d’une certaine façon, rassemble toute la sollicitude des personnes qui font cercle autour de moi pour que mon corps revienne comme avant, qu’il ressuscite de toute son énergie.
Reiki (*) : une première qui est destinée à mon corps et donc va vers ce cheminement pour retrouver mon instinct. J’en saurai plus aujourd’hui puisque je vais faire ma première séance. Il y avait l’ostéopathie énergétique, mais là je ne sens ni la personne, ni d’aller à Orange. Mon choix s’est porté sur Somatic experiencing, qui sera découverte samedi à 18h, mais qui est plus dans la suite de la recherche de mon instinct de survie le plus bestial. Il me faut donc trouver la forme thérapeutique la meilleure pour mon corps et mon esprit et sans doute on en trouvera peu d’autre. J’ai encore toute la panoplie des guérisseurs donc je suis loin de tout avoir découvert mais je pense, et cela, et j’insiste, grâce à vous, je pense avoir fait mes premiers pas comme un enfant et je les sens sûrs et comme guidés par une fée magique qui m’enlace à chaque instant de tout un amour.
Didier, bonjour!
Bien reçu votre mail et lu dès réception!! puis relu encore...
C'est assez fantastique pour moi de suivre tout votre parcours depuis l' annonce de votre cancer: je préfère employer le mot cancer parce que : "quand ça sert, can ca cer!! on peut desserrer!! Plutôt que " tu meurs","tumeur" qui dégage des ondes plus destructrices!
Je tenais si vous le voulez bien à préciser quelques petites choses par rapport au reiki:
cette méthode énergétique au service du mieux-être nous vient tout droit du Japon et elle a été initiée par Mikao USUI, vous trouverez plus d'infos sur le site suivant :
http://www.reikiforum.com/
Cet art de guérison par imposition des mains est un fabuleux cadeau pour celui qui fait la démarche d'accueillir l'énergie du REI : l'énergie de l'univers pour alimenter son KI : l'énergie propre à chacun d'entre nous et ce par l'intermédiaire d'un canal modeste que nous sommes, nous enseignants ou praticiens reiki. Cette réception de l'énergie universelle vous permet alors de démultiplier votre propre énergie et de dynamiser vos actions, pensées etc ...cela accélère votre processus de guérison sur tous les plans: spirituel, physique etc…, et vous propulse vers votre voie intérieure indéniablement. En clair : une décision que vous auriez prise en 6 mois? Vous allez grâce à cet apport d'énergie la prendre en 2 mois par exemple!
En tant que canal, je profite que peu de cette énergie qui me traverse pour votre bien, par conséquent et contrairement au magnétiseur qui travaille avec son propre KI et qui peu donc s'épuiser, je ne ressens aucune fatigue ! bien au contraire, je suis souvent rechargée: aussi!
Nous avons de plus, des moyens de protection qui nous permettent de ne pas "prendre " les énergies négatives qui peuvent circuler ou apparaître pendant l'échange. voilà pour ce qui est du Reiki en lui-même!
Le plus, de notre rencontre: est que grâce au reiki , j'ai pu mettre à jour il y a quelques années un "don" de clairvoyance et qu'en complément du "soin" reiki. J'ai des informations très claires sous formes d'images qui me sont données et qui concernent effectivement à la fois votre passé (de cette vie ou d'une autre) de votre présent et de votre futur et l'échange après la séance permet aux personnes concernées d'obtenir des clefs leur permettant souvent de désamorcer rapidement une situation de blocage par exemple, il s'agit donc là pour moi de travailler pendant la séance sur des reprogrammations cellulaires positives lorsque cela est nécessaire! Toutes les informations que je reçois proviennent de vos mémoires cellulaires et vous appartiennent totalement.
Voila pour ce qui est du temps que nous avons passé ensemble! je vous remercie encore pour votre confiance et votre accueil à cette méthode.
Un petit mot, pour vous donner également quelques précisions sur le suivi à distance que j'effectue pour vous avec comme support votre photo: le suivi a lieu pendant 21 jours à raison d'une séance tous les trois jours : j'ai commencé le 3 février soit à suivre 7 soins à distance , des informations m'arrivent également sur ces temps, j'en prends note et vous les transmettrais !!!!
Voilà, pour aujourd'hui je termine avec un petit extrait que je vous envoie de la définition: "d'être fort" que j'ai reçu dernièrement et qui m'a fait penser à vous, même si je ne suis pas d'accord avec tout c'est sans doute cela la définition : d'être fort!!(voir pièce jointe)
Je vous souhaite bonne réception de ce petit mot! Et je suis extrêmement confiante en votre guérison et j'adhère totalement à votre choix pour : Roussy
Au plaisir de vous revoir.
Comme disait Benhaiem, je suis créateur de mon destin et je dois comme sur une toile expérimenter le mélange des couleurs, sans cela je ne serai plus moi. Je me sens calme, plein de confiance et j’aimerais dépasser toutes les souffrances de cette chimio, être au-dessus et flotter pour qu’elle soit la plus active sur ces tumeurs.
C’est son degré de capacité de surprendre les molécules qui feront de cette thérapie une arme efficace. Je dois aussi comme un artiste chasser les mauvaises cellules comme une mauvaise couleur pour ne faire plaisir qu’aux bonnes, qui se mélangeront et s’uniront dans la plus belle palette de l’arc-en-ciel. C’est vrai que je pense souvent à cet arc-en-ciel, il est comme un message permanent de papa. J’ai bien aimé le message de maman on retrouve tous ses mots, ses expressions. Je sais qu’elle est avec moi, et je l’aime tendrement de tout cet amour qu’elle sait donner à chacun de nous.
Je me suis levé un peu tôt ce matin, 5h, mais je me sens bien alors je ne vais pas rester à tourner dans le lit pour embêter Béatrice.
(*) Méthode Reiki : http://www.reiki.fr/

Dans la banlieue d’Angers, je m’enfonce dans des petites rues sans bien savoir où je vais et sans aucune connaissance précise sauf celle d’un ami forgeron qui en a eu recours. Il faut parfois y croire et se laisser guider. C’est là mon intuition.
En deux mots, c’est de retrouver les événements du passé que l’on a subi, et en faire des énergies d’avenir. Deux heures de bonheur, mais quel épuisement pour la praticienne. Elle a su voir différents points de mon passé. Intuition, prévoyance, sorcellerie ? NON ! C’est tout simplement savoir ouvrir sa pensée et laisser l’autre la pénétrer. Comme je ne parle pas donc elle ne peut pas trouver cela autrement que sous cette forme.
Cette recherche de mon moi est importante et elle ne doit pas laisser place à des curiosités bizarres. Tout doit être limpide.
Seule Béatrice qui m’attendait dans la voiture dans cette journée de pluie et froide comme l’hiver. Difficile d’accepter tout cela pour elle sans tout comprendre ou de le partager. Le cartésianisme est normal et moi qui navigue dans un tout de beauté et d’envie d’aller toujours plus loin. Surtout de croire en l’homme, en cette beauté universelle et à notre trop court passage que je me sens pousser des ailes pour franchir des frontières particulièrement celle de l’irrationnel.
Jeudi 31 janvier
14h. Rendez-vous à l’hôpital du Mans pour une explication de la chimio. Je pensais me retrouver avec plusieurs personnes, et non j’étais le seul avec une infirmière qui gentiment me reçoit dans son bureau. Le but est de m’expliquer la chimio et les différentes phases de cette intervention.
Enfin la première explication, qui commence à répondre à quelques points. Je pense que ce travail des infirmières est à saluer. Elles prennent sur leur temps pour accueillir le malade et c’est très bien, et presque rassurant. Que ces quelques lignes soient le témoignage de toute ma gratitude.
C’est en visitant le service que je vois apparaître devant moi le nom du praticien qui m’avait diagnostiqué le cancer. Un immense doute s’immisce en moi et je comprends pourquoi son choix va vers l’hôpital puisqu’il y exerce ! J’ai l’impression que quelque chose ne va pas. Il ne me reçoit pas, mon seul accès est par mon médecin traitant qui ne fait que me transcrire leur conversation et aucune réponse sur des points précis.

Création restaurant (hôpital du Mans)
Je quitte l’hôpital où je n’étais venu que pour réaliser une création dans le restaurant, et cela grâce à la volonté d’un chef de service des cuisines qui a une renommé nationale.
Rendez-vous pris le lundi 4 février à 8h30 pour une hospitalisation de deux jours.
Didier, écoute, c'est super. Tu navigues dans cette aventure comme un poisson dans l'eau.
Tu reçois les infos, les analyses et tu prends tes décisions comme de ne pas aller a Orange et privilégier un autre rendez-vous.
Y'a pas a dire, tu tiens la barre et sur le bateau, c'est toi le capitaine.
SUPER le RV avec pour la méthode Beljanski, les prescriptions correspondent bien a ce que j'ai lu sur le site dans la rubrique témoignages. Mon Didou, avec cela tu vas être au top!
- Scintigraphie impeccable
- Médecine classique de pointe (dr. Le chevalier a Roussy)
- Médecine complémentaire tip top (Beljanski)
- Prières de partout dans le monde (Afrique, Europe, Amérique)
- Prière d'une grande dame que je considère sainte et je te dirai pourquoi plus tard (Tiffany)
- Ouverture d'esprit sur les puissances et merveilles du monde (hypno, huiles, etc.)
- Mental de gagneur (être chef de la meilleure entreprise Européenne dans son domaine, ça aide)
- Spirituel, philosophe et poète avec ça....
Que demander de plus? Eh bien la guérison !
J’ai passé la soirée à ranger mes papiers pour la visite de demain car Papier bien rangé = bonne santé. C’est idiot mais cela me force à mettre un peu d’ordre dans toutes les informations et papier que je reçois.

Dans la journée, un ami est venu me voir. Il avait un haut poste à responsabilité dans un cabinet ministériel et venait me présenter son dernier ouvrage. C’est vrai qu’il est bon de recevoir des amis. Les conversations passent de tout à tout et fait comme si la maladie n’était pas là. Il nous arrive de parler d’art et là il me dit : tu sais on trouve avec ma femme que c’est inégal tes tableaux. C’est toujours un moment délicat de recevoir se genre de message. Bien sûr que l’on sait que c’est bien inégal parce que beaucoup ne sont que de la recherche pour aller au delà des habitudes, au-delà des formes et de se poser comme un questionneur et non pas comme un simple copiste. Pendant qu’il me parlait, je pensais à son livre devant moi, et un sourire intérieur m’est venu. Je tournais les pages et je me suis dit que pour lui aussi chacune des pages étaient inégales. Ma vivacité d’esprit était encore là et cela me confortait avec un plus c’est que je ne lui ai pas dit... ce que j’aurais fait sans doute avant cette maladie. Je ne trouvais pas nécessaire de le lui dire. Je sentais que je changeais, et c’était bien.
Vendredi 1er février
8h30. Réunion de toutes les personnes de l’entreprise pour une explication sur les heures supplémentaires par notre juriste.

Cette réunion commence bien sûr par mon carnet médical, et là je présente mon hospitalisation lundi prochain... mais aussi que j’ai encore un rendez vous cet après-midi à Roussy. C’est plus facile de leur parler, je me sens plus serein, et voir toutes ces têtes familières me renforce dans la conviction que je dois me battre pour eux et mieux préparer ma succession.
Nettoyage d'un panneau de la Sainte Chapelle, Paris, 2007.
Une entreprise comme la mienne ne vie que par la fusion de tous les savoirs. Je ne fais que de les catalyser, mais en aucun cas j’en détiens toutes les ficelles. C’est une équipe, et simplement une équipe avec toute leur qualité et leur savoir faire. On ne peut pas concevoir un métier d’art autrement, ou alors on est pétri d’orgueil et inconscient de ce qui nous entoure. On devient je pense mauvais ou alors artiste mais on ne dirige pas des hommes sans leur faire confiance !
Durant cette réunion on parle infailliblement des 35h qui sont sans doute le début de mon cancer. J’ai du développer une telle énergie pour y faire face que je crois ces 35h ont été le début d’un stress permanant. Pour des petites entreprises comme nous faire 35h est une prouesse. Les temps passés à tout calculer les temps à suivre les chantiers pas à pas puisque notre métier est principalement de la main d’œuvre. Cela quand ? Mais le week-end, rendant impossible une détente.
Pourtant j’ai réussi à être convaincu par Béatrice de prendre un peu de temps pour aller en 2007 au mariage en Italie et c’est la première fois que je n’étais pas là en 30 ans de direction. Pire encore : de partir 15 jours fin novembre début décembre en Inde à un autre mariage... Que de culpabilités en
moi, que d’angoisses et pourtant la terre tourne encore et toujours dans le même sens !
15h. Institut Gustave Roussy (*), Villejuif.
Rendez vous avec le Docteur Le Chevalier. À peine arrivés, nous sommes conduit dans son bureau.
(*) http://www.parismatch.com/parismatch/match-guide/match-sante/dr-thierry-le-chevalier/%28gid%29/905
C’est vrai que d’exercer ce métier d’art permet tout de suite de trouver une conversation autour de ce sujet.
Le dossier bien préparé commence a être feuilleté page à page.
Puis la question :
- Vous venez pour un avis ou une hospitalisation ?
Je réponds que le premier point est votre avis.
- Eh bien on ne va pas dire n’importe quoi : ici vos êtes dans un centre de recherche avec des professionnels, tous avec des compétences. Je lis simplement ce que l’on va vous donner comme traitement de chimio :
Genzar vous empêche de faire des rayons
Cisplatine ok
Avastin totalement contrindiqué pour toute opération future.
C’est comme un coup de massue, le sentiment que je n’ai pas été pris en compte et que la réunion des spécialistes du Mans a été vue un peu trop rapidement. Ici, me dit le docteur, la réunion des spécialistes comprend : un chirurgien du thorax, un cancérologue et un radiothérapeute et vous pouvez être présent à la réunion si vous le désirez. Je réponds oui de suite. Il me dit donc vous voulez vous faire soigner ici. Je regarde Béatrice qui est totalement troublée. Je lui dis oui en la regardant dans les yeux. Elle répond oui mais avec un désarroi en elle.
Un autre sujet est abordé le fameux TEP qu’au Mans on ne jugeait pas nécessaire de faire et là pour le docteur il n’y a pas photo. Le Tep ou PET en anglais (gentil animal de compagnie) doit être fait avant la chimio car après c’est impossible et il est indispensable pour le chirurgien.
Aussitôt, avec toute son autorité et sa gentillesse, il se met à me trouver un rendez vous pour le TEP et une hospitalisation de deux jours.
Le Tep est trouvé dans un créneau de mercredi 6 février et l’hospitalisation pour le jeudi 7 février avec réunion à 14h de l’équipe médicale.
Le choc est terrible, car il faut en peu de temps réaliser que le traitement n’est pas adapté, que l’on réchappe à un incontrôlable destin médical. Aucune haine et encore moins de sentiments d’en vouloir à quelqu’un. Juste de ne pas comprendre, et surtout de n’avoir pas été confronté à ces médecins afin de poser des questions. C’est peut-être leur habitude, mais ce n’est pas celle de Roussy comme le dit le docteur Le Chevalier : on est en 2008 !
Nous nous sommes réfugiés chez des amis à Paris pur reprendre un peu notre souffle. Le sentiment d’être soulagé, que mon intuition était bonne et que de voir plusieurs spécialistes est la seule solution.
Je me retrouve confronté aux paroles de la personne qui m’a fait la méthode Reiki : vous serez suivi par les meilleurs spécialistes !
Samedi 2 février
Promenades au parc Monceau par un beau soleil d’hiver et c’est beau de voir ainsi Paris. Je me préparais à cette dernière séance, la Somatic.
18h. Somatic. Recherche de son corps exclusivement et au-delà de toute attente : c’est l’image et le symbole du drapeau tibétain qui surgit comme une vérité.

En bas, deux tigres des neiges que j’appelle petits diables. Au milieu, une flamme. Celle qui me brûle le tube respiratoire. Le tout monte vers un soleil rayonnant qui brûle sans haine ces petits diables. Où vais-je chercher cela ? Suis-je raisonnable ou sous influence ? J’évacue mon intellect et je laisse place net à mon corps comme me l’avait demandé Jean-Marc Benhaiem. Un peu plus d’une heure, mais avec des effets moindres que la méthode Reiki. Mais je sens une complémentarité sans pouvoir l’expliquer.
Je dois maintenant me reposer et faire le point de tout ce que j’ai vécu en moins de quinze jours.
C’est amusant car depuis 15 jours à peu près, je ressens un peu plus les émotions concernant mon entourage, ce qui se passe, et tout l' "amour" qui interfère comme les liaisons neuroniques dans mes relations aux gens. J'ai l'impression d'atterrir, ou comme me le disais un collègue à peu prés normal cet été, de passer une période dans une chrysalide et là d'en sortir... ainsi votre premier courrier m'a ému, le deuxième m'a rassuré sur une ligne cependant plus terra terre.
Eh oui, il y avait des termes forts, beaux, des pensées pudiques, des réconforts, que je ressens avec sincérité. Cela me fait un bien fou car j'ai ce sentiment de devoir avancer dans une jungle urbaine, seul, sans pouvoir écouter mes ressentiments car ils sont cause de danger, mais cela s’atténue, donc.
Et puis, je suis content que vous abordiez ce problème de maladie, je pensais en quelque sorte que vous le gardiez comme quelque chose d'encombrant à ne pas dévoiler aux autres. Et finalement vous abordez un peu tout, l'existence de cette maladie, la guérison envisagée, et mieux encore vos démarches actives pour que votre corps guérisse ses maux. Je suis très heureux de voir que vous rebondissez sur cette étape avec l'envie de vous battre au lieu de vous résigner comme beaucoup le font, ce que je comprends malheureusement. C’est bien toutes ces prises de conscience, j'ai appris pas mal de choses dans ce que vous avez dit. Je pense comme vous sauf que je n'ai quasiment jamais été confronté aux problèmes, mais une certaine empathie me permettait, me permet, de cerner les différentes choses que cela engendre. Aussi j'ai mes avis extérieurs sur divers problèmes.
Je voulais faire lire à mon père ce mail sur vos démarches et points de vue pour combattre votre cancer, car il est dans les mêmes démarches que vous depuis plusieurs années, pour une maladie autre mais psychosomatique.
Je sens cette énergie reprendre le dessus pour rêver concrètement à un avenir porteur de projets, de vie, de profit.
À plus tard...

En plein été, l'atelier ne suffit plus... il me faut encore de l'espace et de la lumière
Dimanche 3 Février
La semaine a été courte et pleine d’événements et d’incertitudes, et parfois d’illusion. Rien ne peut être parfait.
J’ai besoin de réécrire tout.
Comment commencer par le fait que je sois allé, quelques jours après l’annonce de mon cancer, aussitôt voir mon hypnotiseur.
J’en ai tiré deux chemins à suivre :
1) C’est moi le seul capitaine ou commandant de mon corps et que je ne dois pas laisser faire le corps médical mais savoir poser les questions prendre des avis etc. Bref ne pas me laisser faire, et bien aussi comprendre qu’ils sont là pour m’aider.
2) Il me faut retrouver mon instinct de survie, celui qui est en chacun de nous.
Pour le premier chemin, je m’étais assigné d’avoir trois avis :
- Le premier au Mans qui me nomme ma tumeur cancéreuse et fait des analyses que je complète parce que je suis têtu mais je n’obtiens pas deux choses qui me semblent importantes : d’avoir des explications plus précise des spécialistes du Mans. Pire, je n’en vois aucun et un doute commence à s’insinuer en moi.
- Le second dans une clinique privée de Neuilly dit qu’il me faudrait voir une chirurgien des poumons. Cela je n’arrive pas à l’avoir au Mans.
- Le troisième avis à Roussy, l’un des plus grand centre français pour les cancers. Il me dit simplement que si je fais cette chimio composée de trois produits, l’un ne me permet pas pendant longtemps d’être traité par rayon, et le dernier ne permet pas d’être opéré. Le raisonnement se conclut par une demande : être suivi par le meilleur, c'est-à-dire à Roussy (Villejuif). C’est ce qui va commencer mercredi par un TEP et jeudi par une hospitalisation pour trois jours.
Le deuxième chemin est de retrouver mon instinct de survie via différents moyens :
Je commence de suite par le docteur Banhaiem le jeudi 24 janvier à 8h30 qui m’a fait arrêter le tabac par hypnose et cela le mardi, soit trois jours après l’annonce de mon cancer et c’est lui qui le premier m’énonce ce que je dois chercher. Ensuite, Tiffany, aux USA, qui par magnétisme, s’est mise dès le dimanche 27 janvier à prier pour moi, et m’a empêché de dormir mais dans une forme de paix incroyable grâce à vous, et merci.
Le deuxième moyen est un traitement, celui de Beljansky. Par des plantes, il recrée la chaine ADN. C'est là que se met en route Jonathan et toute sa perspicacité : par New York il a l’adresse d’un docteur en France qui est agréé... rendez-vous pris pour le mardi 29 janvier à 14h dans une petite ville, Senouches, au nord de Chartres. Je commande les produits et ils sont arrivés le jeudi 31 janvier, un exploit !
Troisième moyen : la méthode Reiki qui permet de retrouver par le passé l’actualité de ce que nous sommes aujourd’hui, et là il y aura à développer et particulièrement le ventre et la colonne vertébrale. Rendez-vous pris le mercredi 30 janvier à 14h. J'en sors deux heures après, bien, très bien avec mon passé, et mon avenir en toute énergie.
Quatrième moyen : le Somatic, qui est en résumé de trouver uniquement par le corps les énergies pour guérir en sachant s’écouter. Cela a été fait samedi vers 18h. Je suis parti avec un drapeau du Tibet qui correspond par ces symboles à ce que je ressentais : des démons représentés par les deux tigres des neiges. Entre eux, une flamme, celle qui me brûle en moi le long de mon tube respiratoire et ensuite tout cela part vers le soleil dans un rayonnement comme sur le drapeau.
Il me reste maintenant avant jeudi, jour de mon hospitalisation, de bien mettre en place en moi-même toutes ces énergies et continuer avec Tiffany de prendre mes médicaments sans savoir encore si je peux les prendre pendant mon traitement, et de voir dès mon retour un ostéopathe pour chasser les petit, diables (ainsi s’appellent mes cellules cancéreuses... ce n’est pas dans un sens de haine, mais juste un nom, une illusion). Regardez bien le drapeau du Tibet, il est fantastique.
Oui je vais aller voir David Servan-Schreiber dont j'ai lu le livre, il sera au Mans le 20 mars et par un ami, je lui parlerai tranquillement.
Donc là tout va bien, mais il me faut tout reprendre pour ne pas m’éparpiller, et bien comprendre ce qui est en moi.
Ce dessin illustre bien les moments que je passe nu traversant une rue avec les petits bon'hommes qui passent du rouge au vert : quand dois-je passer ?Mercredi 6 février
TEP : parti très tôt du Mans (5h du matin) pour être à Roussy à 8h30. Nos chers embrouillages parisiens. C’était le jour de la grève des taxis qui avaient l’idée d’une sortie en escargot sur les grands axes routiers menant à Paris.
Allez, on y va avec appréhension car nouvel examen mais surtout je pensais que ce dernier devait apporter des informations très complémentaires sur une éventuelle étendue de mon mal sur d’autres organes.
L’analyse est l’une des plus longues (trois heures) mais sans trop de problème. Le plus dur c’est d’attendre les résultats pour le lendemain.
Dire qu’au Mans, on me refusait un tel examen. Ce refus est pour moi de l’incompétence sans autre excuse pour le docteur « au cancer pas de chance ».
Jeudi 7 février
Rendez vous 14h30 au Comité à Gustave Roussy.
Arrivé en avance comme d’habitude pour éviter le stress, on déjeune sur le parking visiteur faisant ainsi passer tranquillement l’heure d’avance. Je sens en moi grandir une crainte, comme si j’allais encore voir apparaître de nouveaux problèmes. Les images, les peurs sont présentes et le cœur bat la chamade, j’ai peur oui et je la fait partager à ma Femme. Je pense qu’il faut le dire, non pas pour entendre que cela va aller, mais pour partager simplement ce moment émotionnel.
Je marche en long devant ce couloir du Comité, devant cette porte qui reste close. Un homme en sort, belle allure. Je le sens dans son regard, une confiance est là et un sourire sans parler de cette poignée de main. La voie est claire car il présente ses excuses pour son retard.
On s’assoit dans un bureau attenant au Comité. Il se présente : Docteur Benjamin Besse, et nous donne la liste du Comité qui est juste derrière lui.
J’aime son regard, il sait me regarder droit dans les yeux et c’est important. Il présente le TEP et montre la localisation de la maladie en périssant aucune étendue. Là je voyais des étoiles de l’amour de la vie. J’avais envie de l’embrasser et je me suis senti mieux, convaincu qu’il est plus facile d’attaquer un mal qu’une étendue de vilains diables.
Il a pris tout le temps d’expliquer, de donner toutes les indications et protocoles. Aucune impatience et aucun jugement de l’incompétence des personnes du Mans. Il a répété comme le Docteur le Chevalier : on est en 2008, et il faut se former continuellement dans ce métier.
La chimio sera faite en deux fois avec des traitements intermédiaires. Elle sera composée de Cisplatine et puis de Navelbine.
Je demande de pouvoir faire les chimios intermédiaires au Mans à Jean Bernard. Cela ne semble pas gagné mais j’ai espoir.
Avant la deuxième forte chimio je serai reçu par le docteur le Chevalier et le docteur Besse. Des examens seront peut être programmés mais avant de commencer la radiothérapie un TEP est programmé.
Ensuite un traitement de radiothérapie de 6 semaines sauf le we. Cela sera peut-être conjugué par une chimio.
Tout me semble clair pour le moment, et le docteur Benjamin Besse insiste pour me dire qu’il est à ma disposition pour toutes mes questions.
http://www.france-cancer.net/cr2.php?num=274&art=2
Je le remercie chaleureusement de son accueil et je pars pour une prise de sang puis pour mon hospitalisation.
Arrivé pour l’hospitalisation, on me dit que les deux départs n’ont pu être faits et donc je dois revenir demain. Ils mettent à ma disposition une chambre à l’hôtel Campinil. Aucune envie... C’est pris en charge par la sécu mais tant pis, on va lui faire faire des économies.
On repart à Paris chez nos amis et c’est mille fois mieux, agrémenté d’une promenade au Parc Monceau, d’un superbe diner de légumes fait par Josette.
Ce tableau ilustre bien ce que nous sommes : nus, face à la médecine, nous donnant avec espoir...Vendredi 8 février
09h : Hospitalisation avec toujours un accueil fait de gentillesse et en plus une chambre seule donnant sur la mer d’autoroute du sud mais sans le bruit dans un ciel clair avec au fond les avions d’Orly.
L’angoisse est toujours présente, sans très bien savoir pourquoi. C’est cette inconnue, cette ombre qui passe dans notre cerveau, nous menant vers des pensées idiotes. Première alimentation par ce bout de fil qui vous pénètre dans la main et on vous dit il faut faire pipi afin de bien voir si vos reins fonctionnent bien.
C’est vrai que tout est là dans cette première partie de la journée : savoir si les reins fonctionnent bien.
La journée se passe avec toujours le regard bienveillant et attendri de Béatrice. Quoi de plus merveilleux que celui d’être aimé ! C’est une aide immense avant cette peur du mal ou d’avoir mal. Sans cet échange aussi profond comment peut-on seul pouvoir affronter cet avenir ? Même partie de l’hôpital elle restait là, en moi, comme une image indélébile et qui m’enlace de tant de tendresse. L’amitié est aussi présente par toi Thierry qui n’hésite pas à traverser tout Paris pour juste venir passer un peu de temps et c’est une transition importante qui me prépare à cette nuit où je vais recevoir cette première chimio. Plus le temps passe et plus je ne sais pas comment cela va se passer. L’infirmière de nuit, F. est d’une très grande gentillesse et m’explique enfin la chronologie : vers minuit premier traitement, puis vers 1h30 le second, le tout finissant vers trois heures du matin.
C’est alors que commence une lutte pour une concentration importante afin de me décontracter et de donner à cette première chimio tous les espoirs de la médecine traditionnelle.
Médecin L., il est là, présent avec ses yeux profonds qui me scrutent et de ses mains qui m’occultent. Conseils, mots, sourcils qui se soulèvent comme pour mieux dire les mots au-dessus de ses lunettes cerclées de noir. Une patience et une envie de voir tout se finir, ce mal partir, tant l’espoir de guérir est dans ses yeux.
Minuit.
C’est avec dix minutes d’avance que la première phase commence. Et l’autre va suivre sans aucun changement avec toujours cette volonté qu’elle aille, cette chimio, au profond des vilaines molécules...
Matin.
- Tout va bien Monsieur, vous sortez vers 9 heures (et moi qui venait d’envoyer un SMS à Béatrice pour lui dire que je ne sortais qu’à 11h...)
Quel bonheur de l’attendre avec ma valise à la porte d’entrée et hop au Mans sous une route ensoleillée. Voir défiler ce chemin tant de fois pris me semble un peu surréaliste. Chartres, la cathédrale où je suis monté la semaine dernière avec Béatrice voir la pose des deux verrières du chœur. Quel bonheur d’avoir pu travailler sur ces œuvres. Aurais-je le temps de finir le livre sur l’une des baies qui m’a tellement émerveillé ? Il me faudra ce courage. Passer si souvent devant cet édifice mis en valeur suivant les lumières du matin ou du soir. C’est toujours un émerveillement de passer devant cette majesté. En y pensant, je retrouve dans cette maladie une même recherche que je mène depuis si longtemps : retrouver dans ces verrières la trace des hommes qui ont œuvré à les fabriquer, et puis celles de tous ces hommes qui ont mis tout leur savoir pour qu’elles perdurent et nous parviennent en les entretenant. C’est un peu moi en ce moment : des hommes sont en train de me restaurer, d’essayer de trouver ce qui me fera perdurer longtemps et longtemps. Je mets cette image sur la prise des médicaments car je sens un délire, mais au fond avec un bon philosophe, je pourrais trouver le raisonnement et le fondement de cette pensée.
Se retrouver chez soi est bon, mais ce que je refuse bien que très tenté, c’est d’aller voir les bureaux qui sont juste attenant. Me reposer ! Tout le monde le dit, alors allons-y !
Nuit étrange, j’ai pris un somnifère et mon cœur est parti en chamade, galopant sur toutes les terres. Impossible de dormir et une brûlure qui m’envahissait le long de mon tube respiratoire. Je sentais la chimio faire son travail. Peur et angoisse étaient là, auxquelles viennent s’ajouter les maux de cœur. Je crois qu’un travail devrait être fait avec les malades qui le veulent, soit par une lecture ou un échange phonique avec quelqu’un qui voudrait aider en ayant lui-même souffert. Tous rétorquent que personne ne ressent les mêmes choses. C’est certainement vrai dans l’absolu mais quand on en parle profondément avec ceux qui l’on vécu, tous souffrent. Cet aspect de la sophrologie est complètement mis de coté. Je trouve cela absurde et peu conforme au XXIe siècle. Ce n’est pas tant de souffrir que de savoir pourquoi. Ce n’est pas tant d’avoir mal que de ne pas savoir pourquoi. Cette souffrance va être permanente pendant trois jours à ne pouvoir rien manger plus encore ne pas pouvoir dormir. Il faut que l’on puisse, soit malade, soit guérit ou en cours, être attentif à cela et y apporter comme une revendication afin que la souffrance puisse être affrontée en adulte. Je n’ose imaginer pour un enfant comme j’en ai vu passer à Roussy, toute la force qu’il lui faut pour affronter d’avoir mal.
Du 11 au 15 février, semaine de souffrance
Être là couché, debout, courbé, avoir dans la tête l’envie que tout finisse, c’est à dire ne pas avoir de patience. Te souviens-tu de cette phrase : tu seras un homme le jour où tu seras patient ! Je ne sais si j’y arriverai sans sagesse, ni sans l’avoir appris.
Manger, une obsession pour ma famille : de Clémence, ma fille diététicienne, à Béatrice, que des plats d’aliments anticancéreux :
- Salade composée Béa
- Semoule quatre céréales
- Endives
- Salades
- Saumon bio en conserve
- Œuf dur
- Avocat
- Persil
Savoir, odeur, couleur sont là pour m’aider et m’apporter l’énergie :
- Riz Pilaf Béa
- Riz pilaf cuit avec bouillon de légumes
- Brocolis (mais blanchit auparavant, c’est très important)
- Oignon rouge
- Champignons cuits à l’étouffé
- Persil
- Poulet Béa
- Poulet aux herbes de Provences et tomates revenues cuites à l’étouffées
- Accompagné de légumes : carottes, panais, endives, petits pois.
Et pour finir, histoire d’être encore gourmand :
- Crumble aux fruits : pommes, poires, ananas, banane et raisins secs.
- Pour le soir, facile : avec les légumes du midi, une tarte à laquelle on rajoute du curry, du curcuma, des amandes et des raisins secs.

Peinture : Femme
Troisième Chimio du 22 février
Tout est un combat et pouvoir faire un traitement intermédiaire dans un autre lieu que Roussy, a été un combat que je pensais perdre.
Les raisons de ces difficultés tiennent en premier lieu aux individus et à leur volonté de partager ou pas un traitement avec d’autres praticiens. Subir les indications d’un autre médecin n’est pas dans les habitudes. Malgré les amis, rien n’aurait fait changer l’avis de ne pas me faire faire les chimio intermédiaires au Mans. Je n’ai été sauvé que par le gong de mon métier d’art. Je ne sais comment cela se passe ailleurs si les prérogatives sont aussi cloisonnées, sans concession et sans penser que celui qui compte avant tout : c’est le malade.
Docteur cancer pas de chance
Beaucoup me demande si j’ai pour ce docteur des pensées négatives. Je ne sais pas ce que je ressens est plus une inquiétude pour tous les autres malades qui passent par lui. C’est vers eux que vont mes pensées. Lui, il son nom cancer pas de chance et je pense qu’il est assez habillé ainsi.
Anniversaire 23 février 1953
Avoir 55 ans est une étape dans la vie mais aussi un chemin qui se poursuit. Avoir 55 ans c’est comme ressentir que l’on a fait un chemin qui m’a rempli de toute sorte de choses bonnes ou mauvaises. Avoir 55 ans c’est être à l’orée d’un parcours qui ne doit plus se faire en courant.
55 devient 5+5 = 10 chiffre fantastique ! Il est à lui seul le symbole de notre civilisation et rien ne peut commencer sans le chiffre 1. C’est le début de tout. Il permet de commencer l’écriture des nombres et il a été utilisé en petit bâtonnet pendant des millénaires avant que n’arrive les autres nombres. Mais le sublime est le Zéro. Le livre de Denis Guedj « ZERO », chez Robert Laffont, nous raconte l’aventure de son invention. Et c’est vrai que rien ne peut être une véritable civilisation sans cette magie du zéro. Il permet tous les calculs et par lui de les multiplier à l’infini. Comment, même aujourd’hui, imaginer notre vie contemporaine sans le zéro. A cela s’ajoute 2008 qui font aussi la somme de dix. J’aime les nombres et ceux qui partagent cela, peuvent comprendre pourquoi ce dix est une perfection. Je n’entre pas dans le divinatoire mais simplement dans la contemplation et l’émerveillement. Peut être que certains y trouveront tant de chose à leur faire dire et cela est peut être bien. Moi c’est avant tout un constat mathématique qui me passionne. Je suis prêt à en tout découvrir.
Cadeau
Anniversaire est le symbole des cadeaux et du gâteau des bougies etc., mais c’est aussi des moments où un cadeau devient magique, surprenant et en dehors de tout ce que l’on pouvait attendre.
Mon fils Ambroise en ce matin vient vers moi et me dit : Papa je voudrais te parler de quelques chose - Ouille que va-t-il me demander, la tête un peu bourdonnante de cette chimio - Je voudrais t’organiser avec le Ville du Mans une exposition de tes peinture - Là je suis soufflé, sans presque pouvoir parler, tellement c’est beau, fort et pleins d’émotion - Il reprend devant mon silence : j’ai vue l’adjointe de la ville et c’est ok. Je voulais la faire là pour ton anniversaire mais c’était trop court. - Ambroise c’est formidable et c’est un lourd travail surtout avec tout ce que j’ai.- Oui je sais. Je voudrais que cela soit une rétrospective et ne pas tout mettre mais les étapes essentielles et faire comme tu l’avais voulu en Inde avec des drapés de tissu entre les pièces.
Que dire de plus de l’émotion, le partage entre un père et son fils et l’amour qu’il me donne simplement, être fier de ses enfants et de les aimer le plus fort possible, en les laissant libres de leur choix et de leur vie.

Énergie
De la séance de Reiki cette semaine, il en sort que je suis un peu à plat au niveau de mes énergies intérieures mais pour elle j’ai tellement pris lors de la première chimio que cela est normal. J’ai comme eu une dose surhumaine et que j’ai réussit à rester droit !
C’est vrai que ce que je recherche, c’est cette énergie intérieure et elle viendra de moi mais aussi de quelqu’un qui va m’aider à trouver ce chemin et là je bute un peu. Je ne sais pas où aller. Cela ne peut venir que de moi. Personne ne peut m’aider, je le sais, c’est à moi de trouver cet instinct de vie.
J’ai besoin aussi de parler à ces cellules cancéreuses, d’évacuer l’abstraction qu’elles représentent. C’est comme mieux leur tordre le cou en les identifiant. C’est me permet de les admettre et de leur demander pourquoi elles ont profités de ma faiblesse. Pourquoi elles ont voulus par ma souffrance me conduire vers une autre destinée ? Pourquoi elles soutiennent que c’est par cette souffrance que je peux dépasser mes défauts, mes orgueils, mes vanités, mes fautes, mes pêchées, mes haines, mes jalousies ? J’ai un long chemin à faire avec elles mais je leur ai dit qu’elles doivent savoir que je passerai mon temps et mon énergie à les chasser de moi car elles n’ont plus leur place. Elles doivent repartir vers un soleil rayonnant et le tout en rigolant comme des petits diables et brûler sans douleur au soleil.
Le plus difficile aussi c’est la motivation de voir ce chemin déboucher sur un avenir. Guérir, c’est un peu reprendre tout ce que l’on était avant avec bien sur en moins les défauts, ceux qui nous ont poussés à être malade. On sent que l’on ne sera plus comme avant et que l’on cherche une voie, un salut, un avenir. Se sont des contradictions qui nous envahissent aussi abstraites que la maladie. Aucune maitrise de ce qui se passe en soit. Est-ce que la chimio fait son travail ? Est que son corps se comporte bien ? On est un peu seul dans l’attente des prochains rendez vous. Une notion du temps qui ne passe pas assez vite contrairement à avant la maladie où je courrais après lui.
Je cherche quelqu’un a qui parler, à qui dire mes sensations et qui lui-même peut converser avec moi parce que lui aussi est touché par ce mal. On a beau chercher sur le net on ne trouve pas cet ami.





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